Suzanne Perrin État des lieux
Dans l’intention dérisoire de dresser le portrait d’une colocation nombreuse, ses membres de passage et locataires successifs, Suzanne Perrin fait l’inventaire de quatre placards de cuisine.
Présentés froidement, telles des pièces à conviction et isolés de tout contexte, ces accessoires, assiettes bordées or, couteaux avec un manche en corne ou simples récipients, deviennent des détonateurs de souvenirs. Plus ou moins sophistiqués, ils matérialisent des séquences de vie et une société en continuelle transformation. La cuisine étant par ailleurs le lieu de la transformation par excellence.
Cette installation rappelle divers fondamentaux : dans la notion d’inventaire, le désir de connaissance et d’appartenance est révélé. La cuisine, bien que possible théâtre de divers drames, symbolise l’intention de se maintenir en vie.