Suzanne Perrin La forêt
Cette image bucolique d’un sentier à la lisière des sapins est une reproduction banale et décorative que Suzanne Perrin vient éprouver. Il s’agit du regard d’un⋅e photographe dont le travail anonyme s’est retrouvé produit en série sous forme de papier peint.
L’artiste modifie notre perception de l’espace d’exposition, avec une vue imposante de l’intérieur de la maison de sa grand-mère, derrière le bar de la pièce appelée le salon de musique, où la représentation de la forêt domine. Ce paysage placé dans un espace domestique, rend cette reproduction plus singulière, étant étroitement lié à une histoire familiale qui lui donne le statut de témoin.
Les publics sont invités à assister à la reconstruction du papier peint arraché du mur de la maison familiale, dont il porte encore l’odeur. Comme une archéologue, Suzanne Perrin recompose et assemble pour faire état d’une existence. L’action sur l’image devient un geste vain, une forme de résistance ou peut-être la réponse au besoin de se confronter à ce qui émane d’un objet après le décès de son propriétaire.
Cette matérialisation du souvenir, où l’acte performatif induit le mouvement pour mieux redonner vie, entre en dialogue avec la série de lichens brodés. Les notions de résistance et d’immobilité réapparaissent avec ce champignon parasite.
La technique utilisée par l’artiste s’apparente à l’action de repriser, un geste de réparation qui évoque le temps qui passe et une union étroite. Il en résulte de petits univers, comme des échappatoires, dont l’aspect graphique contient à la fois le motif des racines et celui de la forêt.
PERFORMANCES
Les samedis
25 mars, 1er avril, 8 avril et 15 avril
De 11h à 12h
Et pour le finissage de l’exposition samedi 20 mai dès 11h
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