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Une photo de presse reproduite et floutée par le geste du dessin sur du feutre déstabilise immédiatement pour ce qu’elle cache et révèle.

Léa Belooussovitch
Nairobi, Kenya, 8 juillet 2014

Difficile d’échapper au leurre de la douceur des couleurs et du matériau. Seule la lecture du titre, Nairobi, Kenya, 8 juillet 2014, évoque un autre registre : des scènes de drames, de guerres ou d’attentats, que le flou ne cherche pas à cacher, mais donne à voir autrement et questionne.
Par sa matérialité, le feutre, qui protège et isole, participe à donner corps à l’image et à diffuser le trait du crayon. Le geste de l’artiste se doit d’être répété, et frotté, devenant presque un acte de soin ou de mémoire. Une image évanescente, dont le processus de fabrication rejoue avec lenteur ce que la photographie a capturé en une fraction de seconde, permettant de ramener de l’humain et de l’éthique, tout en interrogeant, avec subtilité, la tangibilité et le rôle des images.

Léa Belooussovitch

Léa Belooussovitch est née à Paris en 1989, elle vit et travaille à Bruxelles.

Sa formation à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, en Belgique, se poursuit par de nombreuses résidences d’artistes. Représentée par la Galerie Paris-B en France, elle participe régulièrement à des expositions, collectives et individuelles, à l’international. Son travail sur le feutre textile marque la singularité de sa pratique et c’est avec force et sensibilité qu’elle questionne l’excès, la banalisation et la violence des images médiatiques.

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