L’expérience visuelle des œuvres d’Emma Kunz rappelle celle d’un kaléidoscope, avec des formes et des couleurs en constante évolution. Créés à l’aide d’un pendule, ces tracés sont des réponses spirituelles. Des motifs qui peuvent évoquer des textiles ou des faisceaux porteurs d’énergie.
Certaines productions du début du 20ème siècle sont marquées par le spiritisme et autres phénomènes paranormaux. Des « médiums » créent des œuvres dans lesquelles s’expriment des esprits ou des forces.
Les dessins d’Emma Kunz s’inscrivent dans ce courant. Les intentions de l’artiste relèvent du domaine de la santé et font écho avec certaines préoccupations : la question du soin (care) est devenue central dans le milieu de l’art, autant du côté des institutions que des artistes.
Rendre visible les dessins d’Emma Kunz dans le cadre du programme VU.CH, l’art à l’hôpital, c’est aussi rappeler l’engagement du CHUV pour une prise en charge holistique des patientes et patients.
Centre Emma Kunz
EMMA KUNZ (1892-1963)
Dès l’âge de 18 ans, Emma Kunz, originaire de Suisse-alémanique, commence à se servir de ses dons sur des personnes nécessitant des soins. Pour ce faire, elle utilise la télépathie, la divination et la radiesthésie. Les résultats sont positifs, souvent qualifiés de miracles. En 1941, elle révèle les bienfaits de la pierre de Würenlos qu’elle nomme « AION A ». En parallèle de ses activités de « médium », elle est ouvrière dans une manufacture de tricots, puis gouvernante.
Jamais exposés de son vivant, ses dessins sont montrés au musée des Beaux-Arts d’Argovie à Aarau en 1973. Quarante ans plus tard, son œuvre, constitué d’environ 500 dessins, obtient une reconnaissance définitive du milieu artistique en étant présenté à la Biennale de Venise, prestigieuse exposition internationale d’art.
Aujourd’hui, Emma Kunz est considérée comme une artiste, son entourage la voyait comme une guérisseuse, tandis qu’elle se disait chercheuse.
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