Dans les tableaux de Tony Colombe. K, comme dans ses poèmes, certains motifs reviennent de façon récurrente, tels les porte-bonheurs ou autres éléments de protection.
Dans sa série Intransive care, l’artiste vient saisir des moments de soins et d’amour, entre personnes trans, en peignant des parties du corps et en inscrivant des bribes de textes. Certaines formulations utilisées par Tony Colombe. K, comme « archives des sentiments », laissent une empreinte aussi forte que ses œuvres. Cette sensibilité pour les mots, se confirme par une présence régulière du texte dans son travail, un moyen pour réaffirmer un discours engagé. L’artiste met en valeur les traces ou les blessures en vue de célébrer une esthétique de la porosité, un univers où les matières répondent, telle une racine qui « fait péter le béton ». Tony Colombe. K crée de nouvelles mythologies pour pluraliser les imaginaires, hors de la grande histoire binaire.
*Intransigeance à l'égard des soins envers les personnes trans.
La justesse et l’équilibre des formes géométriques proposées par Emmanuel Mbessé, parlent autant du vide qui les entoure que des formes elles-mêmes.
Temple, à la fois une porte ou un passage, ouvre des espaces au-delà de l’œuvre elle-même. Dans cet environnement, elle questionne les représentations de l’hôpital qui historiquement possède des liens avec l’Église, à savoir la notion de confiance parfois absolue. Moïse matins, constituée de deux planches dont la couleur et les formes stylisées font penser à des vagues, évoque une scène biblique : Le passage de la mer Rouge. Chaque matin, l’eau recueillie entre les mains, se sépare pour s’asperger le visage. C’est pour l’artiste, l’évocation de la routine : se lever pour aller travailler, qui demande abnégation. La couleur, posée à la craie grasse, donne un caractère performatif à la démarche artistique, où chaque trait évoque le temps long de la création.
Caroline Schmoll a la capacité de créer des associations entre différents matériaux, textures et couleurs qui génèrent une poésie qui s’ancre dans le quotidien.
De l’objet fonctionnel impraticable à la sculpture dont le référent est souvent évanescent, l’artiste crée comme de petits autels ou objets rituels. Avec Merci pour les fleurs, les formes irrégulières des contenants et leurs décors produisent comme une musique avec les végétaux et les champignons. De même par magie, Superpouvoirs, une œuvre qui reproduit un fétiche du Mali, appelé « boli », peut entraîner la mort ou informer sur l’avenir. La démarche artistique de l’artiste révèle une sensibilité accrue aux aspérités, à ce qui détonne dans le quotidien ; elle formule une réponse qui vient comme soigner et produire de l’espoir, sans rien promettre.
Léonard von Muralt revisite un objet du quotidien et propose de le regarder autrement, notamment dans sa dimension sociale et culturelle.
Lumiar, une planche à découper usée, détournée de sa fonction initiale, devient une archive unique et intime. Bien qu’elle ne livre que peu d’informations sur son passé, elle évoque des instants quotidiens : se préparer à manger et se nourrir – des moments conviviaux ou solitaires. L’or vient révéler une usure, des marques qui racontent aussi une certaine violence. Dans le domaine de l’histoire de l’art, le métal précieux rappelle les icônes russes, peintures sur bois qui représentent des figures saintes du christianisme orthodoxe. Si cette planche à découper évoque le pain, celui-ci dans la culture chrétienne, de la même manière que l’or, évoque le divin.